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Le jazz est né aux États-Unis au début du XXe siècle, d'un mélange de musiques élaborées par les orchestres noirs américains. Ses ancêtres sont les work songs, chants de travail des esclaves africains et les chants religieux, negro spirituals et gospel, chantés dans les églises lors des cérémonies religieuses. Au début du XXe siècle, les orchestres de blues se développent dans le Delta du Mississippi et ses orchestres sont largement diffusés à partir de 1920 et le premier enregistrement de Mamie Smith.

Parallèlement, le ragtime apparaît, style de piano incarné par Scott Joplin, musique syncopée influencée par la musique classique occidentale. Dans les années 1920, le stride se développe à Harlem. Héritier du ragtime, le stride introduit l'utilisation d'une pulsation ternaire, et la virtuosité des musiciens augmente, comme par exemple chez James P. Johnson. Le boogie-woogie se développe à la même époque à Chicago.

C'est à la Nouvelle-Orléans que l'on fait en général naître le jazz, avec les formations jazz orchestrales des « brass bands », mélange de marches militaires revisitées par les orchestres noirs américains et les créoles, qui privilégie l'expression collective. Le premier enregistrement de jazz voit le jour en mars 1917 par l'Original Dixieland Jass Band. Autoproclamé inventeur du jazz, Jelly Roll Morton est en effet un passeur entre ragtime et jazz, mais ce sont Kid Ory, Sydney Bechet et surtout Louis Armstrong qui s'imposent comme les grands solistes de jazz des orchestres Nouvelle-Orléans, ce dernier ouvrant avec ses solos la porte à l'ère du Swing.

Considéré comme l'âge d'or du jazz, apparu vers les années 30, le swing (ou middle jazz) se démarque du jazz Nouvelle-Orléans par un orchestre de plus grande taille, et privilégie les solistes au détriment de l'expression collective. C'est l'ère des orchestres de big band de Duke Ellington, Count Basie, Glenn Miller, avec un répertoire marqué par les compositions de George Gershwin, Cole Porter, Richard Rodgers etc. et les chansons de variété de Tin Pan Alley, qui forment l'ossature des standards de jazz. Les grands solistes de cette époque sont Coleman Hawkins et Lester Young.

Au début des années 40 naît le bebop. Tempos ultra rapides, petits orchestres de jazz, virtuosité époustouflante, innovations harmoniques et rythmiques, la rupture est brutale et emmenée par Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Thelonious Monk. L'intellectualisation du jazz par le bebop ne sera pas toujours bien perçue par le public et certains critiques, notamment Hugues Panassié en France sera particulièrement virulent contre cette nouvelle forme de jazz.

Vers les années 50 apparaissent des évolutions au bebop, comme le cool et le Hard bop. Le cool et le jazz West Coast regroupent des évolutions du bop moins marquées par le rythme, et généralement faites par des orchestres de Blancs. Les four Brothers de Jimmy Giuffre, les innovations de Lennie Tristano et la collaboration entre Miles Davis et Gil Evans sont généralement regroupées sous cette bannière. Au contraire, le hard bop est plutôt un mouvement noir, visant à ré-introduire plus de soul et de blues dans le bop, et pour qui l'aspect rythmique est prédominant. Art Blakey, Horace Silver ou Sonny Rollins y participent. D'autres personnalités inclassables émergent: Bill Evans, Charles Mingus, Oscar Peterson...

A la fin des années 50, les structures harmoniques jazz et l'improvisation jazz sont portées à leurs limites par John Coltrane. Emmenés par Coltrane et Ornette Coleman les musiciens bouleversent la structure musicale et les techniques instrumentales. La grille harmonique, le rythme régulier, et même le thème sont supprimés, au profit d'improvisations collectives, la prédominance de l'énergie, et l'utilisation de techniques non conventionnelles (suraigus, growl, cris, slaps, « sons sales », voire bruitistes, c'est la naissance du free jazz. Les réactions des critiques à cette nouvelle forme de jazz sont féroces, et le public beaucoup moins nombreux à suivre cette musique nouvelle.

Dès les années 60, et surtout les années 70, s'amorcent des orchestres de fusion entre le jazz et d'autres courants musicaux, le jazz et la musique latine donne le latin jazz, mais surtout la fusion entre le jazz et le rock, le jazz rock, qui remporte l'adhésion du public. Les grandes figures en sont Miles davis et l’orchestre Weather Report. Au même moment, la création de la maison de disques ECM à Munich participe à la création et à la diffusion d'un jazz plus « européen », aux sonorités plus feutrées et subtiles, inspiré par la musique classique, la musique contemporaine et les musiques du monde. Jan Garbarek, John Surman, Louis Sclavis, Kenny Wheeler en sont quelques représentants.

Les caractères clés du jazz

Le jazz est un mélange de courants musicaux très divers et au cours de son évolution, il a su intégrer de nombreuses influences et se prêter à de nombreux métissages, comme le blues, le rock, la musique latine, le world-beat, et ainsi de suite.

Du point de vue de la technique musicale, sa richesse et sa complexité sont aujourd'hui telles qu'il est difficile de décrire précisément ce qui le caractérise, parce que le jazz comprend une grande variété de sous-types, comme traditionnelle, be-bop, fusion, cool jazz, free-jazz, jazz rock, jazz modal, etc.

D'après Travis Jackson, on pourrait définir le jazz d'une façon plus "ouverte", en disant que le jazz (soit qu'on parle de swing, fusion, ou latin-jazz) est une musique qui inclut souvent des qualités comme le swing, l'improvisation, l'interaction en groupeet en orchestre, le développement d'une voix individuelle comme artiste, et être "ouverte" aux diverses possibilités musicales. [1]

Les éléments distinctifs suivants dans la majorité des styles de jazz :

Swing : une notion un peu abstraite qui signifie que la musique jouée atteint une sorte de "moment de grâce" assez difficile à expliquer concrètement. C'est le moment où la musique, le "feel", et l'interaction entre les musiciens décollent ;

Improvisation : un processus par lequel le musicien de jazz crée ou produit une œuvre musicale spontanée en se servant de sa créativité dans l'instant et de son savoir technique et théorique des divers styles de jazz ;

l'interaction en orchestre ;

le développement d'une voix individuelle comme artiste (Sonorité et phrasé): les musiciens de jazz sont souvent à la recherche de l'expression musicale individuelle, innovatrice et créative ;

être "ouverte" aux diverses possibilités musicales ;

Standard de jazz : les morceaux bien connus, pour la plupart issus des comédies musicales de Broadway, qui ont acquis une certaine notoriété via ces films, qui font l'objet de nombreuses reprises et sont joués lors des jam sessions

Courants du jazz
* Dixieland
* Jazz Nouvelle-Orléans
* Swing
* Bebop
* Hard bop

* Free jazz
* Cool jazz
* Jazz West Coast
* Jazz-rock fusion
* Acid jazz
* Latin jazz

* Modal jazz
* Nu jazz
* Future jazz
* Jazz manouche
* Smooth jazz

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